Monday, 27 February 2017

Comment les banques suisses survivent-elles dans le monde de la transparence bancaire






La Suisse demeure la destination pour la gestion des richesses, malgré les restrictions. Comment les banques Suisses survivent-elle?

Nous le savons, le secret bancaire a pris fin dans le monde offshore. Tandis que les juridictions offshore souffrent globalement des conséquences – à savoir les retraits d'actifs – certaines juridictions non seulement survivent mais tirent également leur épingle du jeu.

L'une de ces juridictions est La Suisse.

Aperçu de la Suisse, post-secrecy 'armageddon'


Selon un rapport de Booz&Co, l'avenir des banques suisses est assuré – elles sont vouées à rester.   Il y aura des défis de taille à court terme – à savoir la sortie d'actif attendue de 47 milliard de francs  – mais à long terme, les opportunités sont énormes.

Voici un des exemples les plus récents.

Selon le Gulf News, le bénéfice annuel de la banque Suisse UBS a été réduit de 46%. Ce n'est pas vraiment pénalisant, cependant – Le chef de la Direction d'UBS, Sergio Ermotti a déclaré qu'en dépit d'un marché difficile en 2016, UBS a atteint des solides résultats. Sécurisant 40 milliards en nouveaux actifs pour la partie de gestion des portefeuilles d'actifs, UBS s'épanouit au milieu des “turbulences financières”.

Les turbulences ont poussé les banques étrangères installées en Suisse – 150 d'entre elles, pour être exact– à quitter le pays.

Mais de quel type de 'turbulence' sommes-nous en train de parler?


Tout d'abord et en première ligne, la FATCA, l'AEoI et tout le reste.

Les banques suisses étaient sous surveillance constante, particulièrement selon les exigences de partage des données de comptes des Etats-Unis, nommées FATCA. Avec des tas de frais de mise en service “grâce” aux enquêtes des autorités américaines, peu de banques ont survécu, particulièrement celles de groupes bancaires étrangères.

Qu'en est-il de l'AEoI? Prétendûment en réduisant tout à néant, se soumettre à l'AEoI signifie la fin de la confidentialité, comme nous le savons.

La Suisse s'est soumise et engagée – et elle contre-attaque en même temps: Elle demande aux Etats-Unis la réciprocité pour un échange mutuel des informations des payeurs d'impôts.

En deuxième lieu, la fintech.

La Fintech perturbe l'industrie des services finanicers. C'est une fatalité. Cependant tous les secteurs dans la finance ne sont pas prêts à l'innovation. Cela s'avère particulièrement vrai dans le monde bancaire, que ce soit onshore ou offshore.

Souvent perçue comme une menace, la Fintech est,en fait, un facilitateur pour les banques – dans ce cas, les banques offshore – afin de mieux servir leurs clients, doivent protéger les affaires essentielles des banques en sautant dans le wagon du train de l'innovation. Ce qui fait de la fintech une menace ou une opportunité dépend si les parties prenantes sont prêtes ou non à faire face au changement.

Troisièmement, le risque politique.

Le climat mondial géopolitique sombre et incertain d'aujourd'hui signifie que les détenteurs d'actifs sont toujours à l'affût d'alternatives, ce qui comprend sortir leurs actifs de la Suisse et investir/les conserver ailleurs- par exemple dans d'autres secteurs d'investissement comme les métaux précieux, voire le bitcoin.

Alors, comment les banques Suisses survivent-elles?


1. La réputation et l'experience 

Les banques suisses demeurent parmi les banques les plus sûres du monde. Avec des dizaines d'années d'expérience à servir des clients au plus haut niveau, les banques Suisses continuent à fournir une plus-value aux clients, tout en maintenant un certain niveau de confidentialité aux meilleurs intérêts dans leur propre protection et celle de leur clients existants – par exemple en refusant que les clients basés aux Etats-Unis évitent de subir le harcèlement d'avoir à faire face aux enquêtes criminelles pour violation des lois fiscales américaines.

2. Capitaliser sur les opportunités

La plus grande opportunité réside dans les banques privées, qui ciblent les riches et les plus riches du monde.

La disparition du secret bancaire Suisse signifie que les opportunités disponibles sont très limitées pour les propriétaires d'actif en terme de confidentialité. C'est pourquoi les banques suisses vont par la suite se concentrer sur les services qui ne seront accessibles qu'à une certaine catégorie de détenteurs d'actifs, appelés les particuliers à Haute Valeur Nette (HNWIs) et les particuliers à Très Haute Valeur Nette (UHNWIs.)

3. Le futur: Devenir une juridiction offshore entièrement conforme

L'incitation à la transparence bancaire va par la suite éliminer le secret “légendaire” bancaire Suisse.  Lorsque cela est arrivé, l'étape suivante devrait en toute logique de devenir une destination de services bancaires offshores exemplaire entièrement conforme, qui se concentre sur la protection d'actif au delà de la confidentialité.

Conclusion

La Suisse, comme elle l'a toujours été, sert d'exemple aux juridictions offshore dans sa manière à s'adapter aux changements.

A l'inverse de Singapour, dont la réponse est de réorienter son activité de services bancaires offshores vers la fintech, la Suisse répond en se basant sur sa compétence maîtresse et “vend” son atout sur le marché, attirant ainsi les particuliers les plus fortunés qui souhaitent que leur argent soit géré par une banque Suisse expérimentée et de bonne réputation.

Maintenant à vous: Que pensez-vous des tendances des services bancaires en Suisse? Faites-nous part de vos opinions.